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12 nov. 2009

Droit d'asile (suite et fin)

Bonjour!

Juste un petit post, pour marquer une décision importante : celle des autorités administratives de la France d'accorder le statut de réfugié à cette jeune femme que nous accompagnons dans le service.

Bien sûr il reste une étape: la carte de résident à établir, mais elle lui revient de plein droit, grâce à son statut. Une formalité, donc!

Finie la crainte incessante du lendemain noir! Quel soulagement pour elle!!

Notre acharnement administratif n'aura pas été vain! Quel soulagement pour nous aussi!


A bientôt.
Maïa.

29 oct. 2009

Droit des étrangers


A titre informatif, le Comede et l'Inpes mettent à disposition des professionnels un guide pratique concernant les migrants et les étrangers en situation précaire.


On peut y trouver moultes informations sur le droit des étrangers, l'accès aux soins, le soutien juridique, les différents statuts administratifs en France..
Des modèles de documents administratifs les plus courants sur le droit au séjour et les décisions des instances juridiques et administratives y sont présentés.

Ah oui, aussi.. quelques repères géopolitiques sur les principaux pays de provenance, pour ceux qui pourraient confondre RDC et Congo Brazzaville, ou qui parleraient encore de Yougoslavie, de terre de Siam ou de Perse.

Evidemment, les quelques 568 pages °!° de ce guide ne se lisent pas vraiment comme un roman, mais c'est le genre d'ouvrage bien utile dans une bibliothèque d'éducateurs, enfin.. dans la mienne en tout cas.. tant la complexité et l'extrême particularité de chaque situation me rappellent que je ne sais rien °!°

Ce guide, régulièrement actualisé est à demander par courrier ou sur le site de l'Inpes.

A bientôt. Bonnes vacances à ceux qui en ont!
Maïa.

23 oct. 2009

Droit d'asile

Suite à un rejet de l'OFPRA, l'appel est possible auprès de la Cour Nationale du Droit d'Asile.

Après l'audience, trois décisions possibles:

- accord du statut de réfugié

- accord de la protection subsidiaire

- rejet de la demande .. dans la majorité des cas.

Le statut de réfugié reconnaît "toute personne craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social.." ou "toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté". C'est dans la Convention de Genève (un peu bref comme explication, mais de "vraies infos" sont faciles à trouver..) Une carte de résident de 10 ans est délivrée de plein droit.

Quelle vie attend une jeune femme, sans famille, issue d'un clan minoritaire, jamais scolarisée, isolée et insécurisée, dans son pays en guerre?

La protection subsidiaire est accordée aux étrangers ne pouvant pas prétendre au statut de réfugié, mais étant menacés de mort, de traitements inhumains ou dégradants, de torture, s'ils retournent au pays d'origine.. Une carte de séjour temporaire "vie privée et familiale"est délivrée.

L'Etat français entendra-t-il son impossibilité à elle de retourner dans un pays qu'elle ne connait pas, et dans lequel elle a peu de chances de survie?

Peu d'appels aboutissent positivement à la cour.. L'attente est longue pour cette jeune femme.

14 oct. 2009

Guide des jeunes majeurs.

Le Guide des Jeunes Majeurs
a été conçu par le service Droit des Jeunes de l'ADNSEA.

Ce n'est pas nouveau, il a déjà deux ans, mais il est encore plutôt d'actualité.

Il comporte une douzaine de fiches concernant la responsabilité, la citoyenneté, la santé, le logement, le couple et la famille, et quelques droits et devoirs civiques élémentaires.

Je ne pense pas qu'il soit accessible à toutes les personnes que nous accompagnons, mais il permet de donner une vision simple et globale à ceux qui seraient un peu perdus dans leurs démarches et qui ne sont pas rebutés par l'écrit. Ce document peut être rassurant pour certains, selon le profil.. oui, ce que je dis là.. ça casse pas trois pattes à un canard, alors allez voir vous-mêmes!

http://www.reseaudroitdesjeunes.org/index.php?id=80&cat=26&tx_ttnews%5Btt_news%5D=102&cHash=b7c23eb637

A plus'. Maïa.

12 oct. 2009

Cluedo

Salut'

Purée je prends 24 h de retard toutes les semaines, ce n'est pas bon signe.

Vendredi dernier, je travaillais de soirée. Lors du relais avec mon collègue du matin, ce dernier m'apprend que Jean-Pascal ("un agitateur, un provocateur, un animal, my name is Jean-Pascal" - ça si ça passe, ce ne sera pas tout à mon honneur-)

Mon collègue m'apprend donc que la carte de retrait bancaire de Jean-Pascal, que nous conservions de manière plus ou moins forcée dans son dossier, a disparu mystérieusement, pour la deuxième fois en 3 mois !

Petit aparté : je rappelle que je bosse avec des jeunes majeurs pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance. "Dans ce cadre (déformation professionnelle)" nous avons mis en pale un suivi bancaire des jeunes salariés, qui prend différentes formes selon le jeune.

Pour Jean-Pascal, qui a des difficultés d'ordre psychologique et intellectuel, ce n'est pas compliqué : on lui a piqué sa carte de retrait avec son accord. "C'est-y-pas beau " (cynisme, précisons pour les "1er degré") et sur demande du référent ASE qui lui a accordé un contrat de prise en charge de jeune majeur (APJM pour les novices)

Pour ceux qui s'offusqueraient il faut savoir d'une part que le Département prend tout en charge, argent de poche compris. (et nos salaires de vautour aussi, et ceux de la direction, bien plus élevés, aussi) et que Jean-Pascal qui gagne 150 euros par mois dans son centre 2ème chance pour esclaves a quand même réussi à claquer 360 euros en une soirée à cause de 2 "copines" manipulatrices et plus rapaces encore que nous autres professionnels de la chose.

Je m'égare, une fois de plus. Le fait est que c'est à cette occasion que Jean-Pascal nous avait dérobé en douce sa carte pour la 1ère fois.

Bref Jean-Pascal va toucher 1000 euros dans quelques jours. Décision d'équipe : sa carte de retrait ne serait-elle pas plus en sécurité désormais dans notre coffre bindé que dans son dossier personnel et consultable à loisir ?

Et c'est en s'apprêtant à appliquer cette décision d'envergure que "stupeur, la carte a disparu !!". Ce que m'apprend donc ma collègue du jour ce midi.

C'est l'élément perturbateur. Voici le développement.

Le sujet s'annonce donc sensible. Il faut creuser le mystère. Ca sent les accusations sans preuve, la révolte, le conflit, bref, ça pue.
Il va falloir jouer stratégique. J'attends la tombée de la nuit. Jean-Pascal est dans son studio, seul. Il est 21h, tout le monde est couché. Pas d'effet de groupe à redouter. Je tape à la porte. Je commence par prendre rendez-vous avec lui le lendemain matin pour quelques démarches professionnelles. Il est ok et ravi que je prenne le temps de l'aider à ce niveau.

"T'inquiète bonhomme c'est mon taf". Et là surprise : je le prends à revers : "bon à part ça j'ai un soucis ta carte a disparu tu l'as encore piquée sale voleur menteur etc.." Le visage de Jean-Pascal est placide (??) Aucune émotion violente ou déchiffrable ne vient déformer ses traits. Il me répond avec calme et fermeté qu'il n'y est pour rien.

Je change de stratégie et l'accompagne dans sa logique. Si on lui a volé cette carte il faut faire opposition. Nous irons à la Banque demain. "Pas de problème Ababakar, à demain, bonne nuit"

Dénouement.

Evidemment le lendemain Jean-Pascal traine un peu la patte pour se lever. M'enfin, à 11h il est prêt. Ok nous partons faire opposition.

Moi : "Euh..Au fait, tu as pris ta carte d'identité?"
Lui "Ah non, on m'avait pas dit qui fallè qu'j'en prende, pi je l'ai perdue avé mom portefeuille il y a 15 jours au moins"

GRRRRRR T'AS INTERET A RETOURNER TON STUDIO ET A RETROUVER TOUT CA

Pendant ce temps là je fouille ses papiers bancaires, je trouve des coordonnéess téléphoniques pour consuter ses comptes (il s'avère que les retraits s'enchainent déjà depuis 15 jours pour une valeur de 200 euros) et faire opposition ainsi que ses mots de passe. Il me redonne son accord oral pour faire opposition. Et je parviens même à lui faire signer le courrier de confirmation un peu plus tard.

Le pire est évité pour l'instant.

Epilogue.

J'ai un soucis. Jean-Pascal ne sait pas mentir. Et il persiste à me répéter que CE N'EST PAS LUI qui utilise sa carte. Et pourtant personne d'autre ne peut l'avoir piquée dans son dossier ( 2 % de probabilté Scolandyersque )
Conclusion : il existe un type en ce monde qui a suffisamment d'influence sur Jean-Pascal pour que ce dernier lui remette sa carte de retrait et son code, en étant toutefois quasi-certain de ne pas se faire balancer.

Et ça, ça m'énerve!

Ababakar


5 oct. 2009

Mémoire DEES

Bonjour

Je révise un peu ma copie concernant le mémoire DEES "nouvelle formule". Aïe, je vous vois déjà fuir.. alors je vais faire court.

Du peu que j'en savais, je le pensais un peu édulcoré, ce mémoire "réformé". J'imaginais qu'il ne serait plus question de presser intensivement les étudiants pour en extraire la substantifique moëlle, °:°, fruit d'une masturbation intellectuelle propre à tout éducateur en devenir, °:°, et je le déplorais déjà. Parce que ça fait du bien à tout le monde de réfléchir un peu, bigre.

Et je me suis peut-être trompée et tant mieux! Le nouveau mémoire ne s'apparentera pas à une monographie. C'est juste qu'il ne fera plus le grand écart entre un mémoire universitaire (de recherche) et une simple réflexion sur un parcours professionnel débutant.

Ce sera un mémoire professionnel, un vrai!
C'est-à-dire:
- un diagnostic socio-éducatif est à établir
- un projet éducatif est à dégager
- le projet est à évaluer..

Il ne sera donc plus question de regard transversal sur un parcours de formation, mais il sera toujours de bon ton d'associer les éléments théoriques et le constat professionnel. Ouf me direz-vous!

En bref:
- on diagnostique
- on conceptualise
- on propose une mise en oeuvre
- et progressivement on évalue.

La méthodologie de projet s'en verra accentuée.
Que de bonnes nouvelles!

Ompf!! Un peu indigeste ce post.. si vous pensiez vous distraire.
Maïa

28 sept. 2009

La patate chaude

Salut'

Cette semaine, avec un peu de retard, j'ai envie de vous parler de l'accueil en urgence d'une jeune mineure : le quasi-quotidien des éducateurs qui travaillent en internat dans la Protection de l'Enfance.

Oui sauf que moi je travaille à l'intérieur d'une M.E.C.S. (maison d'enfants à caractère social pour les ignares), qui est donc un établissement privé. Et il faut différencier les M.E.C.S -privées donc- des structures publiques, en cela que ces dernières sont missionnées pour de tels accueils, qu'elles ne peuvent refuser.

Nous, en M.E.C.S, on tente de plus en plus de faire les malins. Notre statut privé nous permet de définir nous même notre "projet éducatif institutionnel". Et là, Bingo! Il n'est pas dit du tout que les accueils d'urgence soient compatibles avec ce projet ? Nos responsables ont même tout intérêt à ce que ce soit l'exact contraire! Pourquoi ? Parce que ça met la structure à l'abri du phénomène de "la patate chaude" : l'incasable qui détruit les structures et leurs équipes les unes derrière les autres et qu'on se refile sans que personne ne puisse s'y opposer, le vendredi soir en "Accueil d'Urgence".

Voilà pourquoi moi, en M.E.C.S., dans un établissement qui revendique haut et fort la mise en place de procédures d'admission pour "définir au mieux l'orientation et le pré-projet d'accompagnement du jeune" via un sas d'épuration sanitaire anti-patate, voilà pourquoi l'accueil d'urgence d'une jeune mineure est un évènement majeur !

Et surtout quand on travaille essentiellement dans le cadre d'"Accueils Povisoires de Jeunes Majeurs".

Là je me rends bien compte que mon introduction était bien trop longue, et que personne au monde ne lira plus loin, m'enfin! Sait-on-jamais !

Alors voilà mercredi dernier nous apprenons en équipe l'accueil "en urgence" (comprenez "à l'arrache") de la jeune Astrid 17 ans, qui se programme dès lors le lendemain soir. Point. Pas d'histoire. Pas de parcours. Pas de problématique. Pas de compte-rendu de situation. Pas de photo. Un studio de libre? Et c'est parti, faites votre boulot d'éduc.

Ok ok, bonjour mademoiselle, voilà voilà ta chambre. Ca te plait. ce soir c'est nous qui te faisons à manger, on va t'explqiuer un peu la vie ici. Fais pas trop de bruit on ne t'avait pas vraiment prévu, et aujourd'hui c'est "club-cuisine". Mordious! Je suis débordé!
Bon ça c'est l'accueil tel que je l'imagine, parce qu'en vrai j'étais tranquillement chez moi, heureux que ça ne me tombe pas dessus! (c'est bête, je sais, parce qu'en plus c'est super essentiel et important un accueil, mais bon la peur de l'inconnu, le danger, la paresse tout ça..)

Non moi ce qui me tombe dessus c'est la convocation à l'audience devant le Juge des Enfants. Convocation que je découvre le lendemain matin, 1h30 avant ladite audience, entre le café et.. le café !

Purée ça fait bien 2 ans que j'ai pas mis les pieds dans un tribunal, en tout cas dans le bureau d'un juge pour enfants qui s'apprête à placer un gosse. Je n'ai aucune idée de mon rôle à cette audience.. si ! "taxi" ça me parait évident, ; "garde du corps" aussi (le père maltraitant attend certainement sa fille dans le tunnel obscur et non-surveillé qui conduit à l'ascenseur étroit qui conduit au tribunal qui conduit au cauchemard des éducs : la confrontation à la justice..)

Ah.. un ptit mot sur un post-it de la part de ma collègue de la veille. Le chef dit de dire au référent social, qui est encore moins au courant que moi de la situation, qu'il faut demander un éloignement loin de chez nous, rapport à la violence paternelle.

Ce serait pas plutôt rapport aussi à la patate chaude qu'on ne connait pas et qu'on verrait bien frire ailleurs, non?


Ababakar

PS : Ah oui je n'ai pas particulièrement envie d'en faire un post mais je consigne à ma propre intention la fin de prise en charge de Carlos majeur le même jour, et recueilli par ses grands-parents avec moins que le minimum de chaleur syndicale.